Luc Fortin Architecte
  • monument du Curé Hébert
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  • Héberville

    photo d'archives
Clients / Paroisse Notre-Dame de L’Assomption, Hébertville
Mots /

Favoriser l’établissement de colons au Lac-Saint-Jean. // Hébertville ou La mère des paroisses jeannoises.

 

Année de la restauration:  2010

Localisation:  Héberville

Description sommaire du projet :

Le monument du Curé-Hébert est composé d’un socle en pierre de granite et surmonté d’une stature en bronze. Nous avons eu le mandat de restaurer le socle en pierre. Le monument très affecté par des dépôts calcaires et les salissures dues au temps exigeait un nettoyage complet et un rejointoiement majeur.

 

Défis, Résultats obtenus, solutions déployées, performances réalisées:

Cette intervention sur un monument historique a requis de notre part des recherches historiques et sur les techniques de maçonnerie.

Le monument fut restauré en utilisant que les pierres existantes.

 

 Un peu d’histoire:

La société de colonisation du curé Hébert fonde Hébertville en 1852

En 1849, la Société des comtés de l’Islet et de Kamouraska est créée pour favoriser l’établissement de colons au Lac-Saint-Jean. Quelques années plus tard naîtra le village d’Hébertville.

La saturation des terres cultivables au sein de l’espace laurentien a des répercussions au Saguenay et au Lac-Saint-Jean. Certains agriculteurs décident d’aller tenter leur chance ailleurs en espérant trouver de bonnes terres pour leurs enfants. C’est dans ce contexte que les sociétés de colonisation voient le jour et qu’elles tentent d’organiser le mouvement migratoire. La Société des comtés de l’Islet et de Kamouraska, créée en 1849, fait partie de cette lignée. Le curé Nicolas-Tolentin Hébert, fils de Patriote, s’intéresse au sort des colons qui veulent s’établir dans une région neuve et se joint à ce mouvement.

La Société des comtés de l’Islet et de Kamouraska est fondée en 1849 par des cultivateurs des municipalités de la Côte-du-Sud, dont Sainte-Anne et Saint-Jean-Port-Joli. Chaque sociétaire a le droit d’acquérir un maximum de trois actions, ce qui évite qu’un petit nombre d’entre eux dirigent les destinées de cette société de colonisation. Deux types de sociétaires se côtoient : ceux qui iront s’installer dans la nouvelle colonie et ceux qui assurent l’élargissement du capital afin que la société soit rentable. Leur milieu social diffère : en 1851, 28 % des actionnaires font partie de l’élite et du clergé, 41 % sont des agriculteurs et 31 % sont des ouvriers-journaliers. La direction du mouvement est assurée par le collège agricole de Sainte-Anne-de-la-Pocatière où œuvre l’abbé François Pilote, un autre acteur qui encourage les populations à se prendre en charge. L’agent responsable de l’exécution du plan d’action est nul autre que le curé Nicolas-Tolentin Hébert.

La société négocie d’abord avec le gouvernement afin d’obtenir des terres. En février 1849, il lui accorde deux cantons dans la vallée du lac Saint-Jean. Du 25 mai à la fin juin 1849, le curé Hébert, accompagné de quelques hommes, vient explorer la région afin de trouver des terres propices à son projet d’établissement. En août 1849, il est de retour au lac Saint-Jean avec quarante-quatre hommes. Commencent alors le défrichement du canton Labarre (près de la ville d’Alma) et l’ouverture d’un chemin sur la rive droite de la rivière Chicoutimi. La société a des obligations : l’arpentage, le défrichement et la construction de chemins. En mai 1850, Hébert repart vers le lac Saint-Jean avec soixante-quinze hommes, des animaux et de l’outillage. Au cours de l’été, Hébert et les siens explorent les cantons Charlevoix et Ouiatchouan (aujourd’hui Roberval). Quelques colons s’établissent même à ces endroits. En 1851, en plus des travaux de défrichement et de semence, on construit deux moulins hydrauliques : le premier pour scier le bois et le second pour moudre le grain.

En 1852, le village prend véritablement forme et dès juin, la paroisse a ses registres de baptêmes, mariages et sépultures. La même année, la construction d’un entrepôt est réalisée afin de loger les familles. Aussitôt, sept familles viennent s’y installer et rejoindre les défricheurs déjà sur place. Peu à peu, des maisons sont érigées, ainsi qu’une chapelle temporaire. Calixte Hébert, le frère de Nicolas-Tolentin, vient habiter Hébertville. Il prend en charge le magasin d’approvisionnement et la gestion de l’association lors des absences du prêtre. À partir de ce moment, on peut dire que le premier village du Lac-Saint-Jean est fondé. Hébertville devient alors la tête de pont pour la sous-région du Lac-Saint-Jean. Par ce village transitent personnes, biens et marchandises.

L’implication du curé Hébert dans la fondation d’Hébertville est concrète, même si l’époque il doit s’occuper de trois paroisses : celles de Saint-Pascal et de Sainte-Hélène sur la Côte du Sud et le canton Labarre au lac Saint-Jean. Malgré les distances considérables, le curé Hébert se déplace fréquemment en direction dHébertville. Ses plans de colonisation lui tiennent à cœur et il met beaucoup d’énergie dans son projet du lac Saint-Jean.

rédigé par : Camil Girard et Laurie Goulet
Groupe de recherche Histoire (GRH)
Université du Québec à Chicoutimi (UQAC)
30 octobre 2003

Sources :

GIRARD, Camil et PERRON, Normand. Histoire du Saguenay—Lac-Saint-Jean, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1989, 665 p.

HÉBERT, Pierre-Maurice. Le curé Hébert, un siècle d’histoire : 1810-1888, Montréal, Éditions de l’Écho, 1988-1999, volume 1, 403 p.

HÉBERT, Pierre-Maurice.  » L’ouverture du Lac-Saint-Jean: objectif du curé Hébert en 1848″, Saguenayensia, vol. 34, no 3, 1992 , p. 36-43